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21/02/2022

_Narrative Strategies in Science Fiction_

Narrative Strategies in Science Fiction and Other Essays on Imaginative Fiction : Brian STABLEFORD : 2009 : Wildside Press (Borgo, série "I.O. Evans Studies in the Philosophy and Criticism of Literature" #49) : ISBN-13 978-1-4344-5755-4 (la fiche ISFDB du titre) : 203 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 14.99 USD pour un tp non illustré, disponible chez l'éditeur.

Narrative Strategies in Science Fiction.jpg

Sous la plume de Brian Stableford, cet ouvrage paru dans la vaste galaxie de titres Borgo/Wildside est un recueil d'essais de ce dernier. On l'a tout d'abord connu comme auteur de fiction (avec pas mal de titres en traduction chez OPTA), puis comme essayiste (on ne compte plus les textes théoriques qu'il a écrit, voir ici) et comme "ambassadeur" (traducteur, éditeur, commentateur) de la proto-SF francophone dans le monde anglo-saxon. On peut comparer ce volume par exemple à Space, Time, and Infinity, un ouvrage évoqué ici et qui est basé sur les mêmes principes.

Space, time, and infinity.jpg

On trouve donc dans ce recueil, outre une courte introduction, huit essais de taille très variable (de cinq à trente pages) qui abordent une grande variété de sujets. Ces essais sont inédits pour partie et présentés sous leur forme originale pour le reste (Stableford regrette certaines interférences éditoriales malheureuses). Sont donc évoqués les thèmes suivants (dans l'ordre de lecture) : les stratégies narratives déployées par le genre, l'immortalité (plutôt dans la Fantasy/le Fantastique), un retour sur la définition de la SF, une comparaison de deux textes de proto-SF française, une sorte d'histoire de la SF en France entre les deux guerres, les rapports entre écologie et dystopie, l'"horreur cosmique" à la Lovecraft et enfin les ancêtres des super-héros de comics. Une copieuse bibliographie (primaire et secondaire) ainsi qu'un index clôturent l'ensemble.

Les vacances de Monsieur Dupont (Grama 1994-03).jpg

Comme on le voit, il y a un peu de tout dans cet ouvrage qui ne possède absolument aucune cohérence interne. Seule la voix de Stableford fait le lien entre tous ces sujets. L'auteur y fait preuve de sa vaste maîtrise de nombreux sujets (y compris sur la SFF) et le lecteur saute aisément d'une thématique à l'autre. On regrettera toutefois au moins un texte superflu (le dernier) et une certaine tendance de l'auteur à un discours parfois répétitif et/ou un peu trop "ouvragé". Un livre qui séduira des lecteurs qui sont intéressés par les sujets qui y sont abordés mais qui pourra laisser indifférents les autres.

At the mountains of madness (Del Rey 1988-06).jpg

Note GHOR : 1 étoile

11/01/2022

_Cumulative Paperback Index, 1939-1959_

Cumulative Paperback Index, 1939-1959 : R. REGINALD & M. R. BURGESS (qui sont la même personne) : 1973 (pour l'EO) : Borgo Press : ISBN-13 978-0-8937-0022-5 (la fiche ISFDB du titre) : xxiv+362 pages : Coûte quelques dizaines d'Euros, disponible en ligne sous forme de POD.

Cumulative Paperback Index, 1939-1959.jpg

Cet ouvrage est un titre purement "technique", il s'agit, comme l'indique son (long) sous-titre A Comprehensive Bibliographic Guide to 14,000 Mass-Market Paperbacks Books of 33 Publishers Issued Under 69 Imprints (ouf) d'un index de tous (Reginald en liste 14.051) les livres de poche parus aux USA entre 1939 et 1959. Outre les spécifications de chaque éditeur, l'index principal est classé par auteur avec un deuxième index par titre permettant de trouver l'auteur d'un ouvrage.

Away and beyond (Avon 1953).jpg

Au vu de la date de parution de l'ouvrage (1973), il a dû s'agir d'un travail de titan tant pour collationner que pour transcrire toutes ces informations. À première vue, en ce qui concerne la SF, un genre encore peu publié en livre et surtout en poche sur la période couverte, on n'y trouve pas de surprises majeures et une complétude qui semble correcte mais un niveau de détail qui reste assez limité (pas de nombre de pages, de rang d'impression ou de nom d'illustrateur). Du coup, l'utilisation d'un tel mastodonte peut paraître un peu superflue de nos jours.

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Note GHOR : 1 étoile (pour le travail)

14/12/2021

_Cyberpunk's Not Dead_

Cyberpunk's Not Dead : Laboratoire d'un futur entre technocapitalisme et posthumanité : Yannick RUMPALA : 2021 : Le Bélial' (série "Parallaxe") : ISBN-13 978-2-84344-984-0 (la fiche ISFDB du titre) : 252 pages (y compris bibliographie) : coûte 16.90 Euros pour un petit tp non illustré, disponible chez l'éditeur, existe aussi en ebook (978-2-38163-026-7).

Cyberpunk's not dead.jpg

Je dois avouer que je n'ai pas vraiment saisi le projet qui sous-tend ce livre. À en croire la 4ème de couverture, il s'agit à la fois d'une perspective historique sur ce "mouvement" et d'une sorte de comparaison de ses projections avec la réalité, quarante ans après l'écriture des œuvres étudiées. Dans la pratique, l'ouvrage se révèle plus comme être une sorte de précis sociologique du monde cyberpunk "standard" (avec cowboys de la console, métropoles asiatiques, publicité envahissante, pauvreté endémique  et toute l'imagerie issue de Blade Runner). Outre une introduction et une conclusion qui discute de l'aspect utopique (ou pas) des textes, le livre est divisé en six grands chapitres correspondants à autant de thématiques (l'informatique, le capitalisme, la ville, le corps, le crime et le cyberspace). On notera de copieuses notes (20 pages), une bibliographie rachitique (voir plus bas) et, hélas, l'absence d'index qui rend le livre difficilement utilisable comme référence.

Neuromancer (Ace 59th pb).jpg

Pour être encore plus précis, cet ouvrage peut être en fait considéré comme une sorte de guide touristique (et un peu sociétal) de la trilogie Sprawl de Gibson et plus particulièrement de son premier volume (Neuromancer pour ceux qui ne suivent pas). En effet Rumpala peine particulièrement à couper le cordon avec les mondes Gibsoniens (à la louche une référence sur deux est à Neuromancer et un autre quart concerne les deux autres tomes de la trilogie). Du coup, il les parcourt  en long en large et en travers, presque comme s'ils étaient réels (on y suit par exemple les grandes manœuvres capitalistiques des conglomérats telles qu'interprétées par Rumpala).

Neuromancien (FL 2000-08).jpg

Déjà que j'ai toujours trouvé que le "mouvement" cyberpunk était une énorme baudruche (voir ici par exemple), on ne peut pas dire que le travail de Rumpala m'ait fait changer d'avis. La pauvreté de la bibliographie de cet ouvrage (deux petites pages dont une uniquement de textes de Gibson) est sans doute soit la marque d'une certaine légèreté dans la recherche de sources (ce manque de profondeur est d'ailleurs aussi le cas d'un autre titre de la même série) soit la confirmation que le cyberpunk ne "tient" qu'en une petite dizaine de romans. Il est dommage pour ses théories que Rumpala fasse l'impasse sur un tel nombre d'auteurs moins connus (de lui ?) comme Baird, Platt, Maddox, Laidlaw et tant d'autres.

Neuromancien (JL 2008-03).jpg

Au final, un ensemble beaucoup trop léger qui, même s'il montre que l'auteur a bien digéré ses classiques sur le genre (Suvin, Abbott, Jameson, Vint...), n'apporte pas grand chose de plus que la simple lecture des quelques romans listés dans la bibliographie, si ce n'est un certains nombre de lieux communs (le futur CP c'est pas cool sauf si on est riche, les gens peuvent devenir des drogués de l’ordinateur, le futur sera asiatique...). En tout cas, ce ne sont pas les tics employés par l'auteur (les numéros de chapitres écrits en binaire) qui me rendront l'ensemble plus sympathique. A ce prix là, je m'attendais à mieux.

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Note GHOR : 1 étoile

01/12/2021

_L'art de la fantasy_

L'art de la fantasy : Martin McKENNA : 2008 : Le Pré aux Clercs : ISBN-13 978-2-84228-326-1 : 192 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûtait 29.00 Euros pour un grand hc presque carré illustré en couleurs, disponible d'occase.

français,1 étoile

Ce livre est la traduction d'un ouvrage paru en 2007 chez Collins aux USA (mais sous une autre couverture). Il s'agit d'un "pictorial" c'est à dire d'un livre composé essentiellement d'illustrations reproduites avec soin et en grand format. Ici, le thème choisi par McKenna est celui de fantasy "actuelle" (Fantasy Art Now en VO) en 2007 avec une nette tendance GDW (ou D&D pour les plus anciens). En presque trois cents illustrations rassemblées par thèmes et légèrement légendées, l'auteur brosse un état des lieux de l'illustration fantasy du début des années 2000, un moment où les œuvres numériques commençaient à s'imposer. Le résultat est parfaitement agréable à regarder et devrait ravir l'amateur, mais les elfes, les orques et les dragons ce n'est juste pas ma came.

français,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile (mais c'est perso...)

05/11/2021

_The Bend at the End of the Road_

The Bend at the End of the Road : Barry N. MALZBERG : 2018 : Fantastic Books : ISBN-13 978-1-5154-1038-6 (la fiche ISFDB du titre) : 173 pages (y compris index) : coûte 13.99 USD pour un tp non illustré, disponible chez l'éditeur, existe aussi en ebook.

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On va faire rapide. Dans cet ouvrage Malzberg cite plusieurs fois la phrase suivante "Who the gods would destroy they first offer a regular column" (attribuée par l'auteur à Murray Kempton ou d'autres suivant son humeur). Hélas pour Malzberg, cet adage se révèle particulièrement pertinent quand il est appliqué à cet ouvrage. En effet, ce livre est le recueil de la série (une petite cinquantaine au total) d'essais qu'il a écrit pour les (web)magazines Baen's Universe et Galaxy's Edge (entre 2007 et 2017 en deux phases) et, effectivement, le résultat est assez navrant.

anglais,malzberg,1 étoile

Le Malzberg essayiste larmoyant a déjà été évoqué ici-même en détail (c'était pour Breakfast in the Ruins) dans un registre identique et mon avis sur ce nouvel opus reste exactement le même. Les pleurnicheries de l'auteur sur son sort, sur celui de la SF, ses attaques permanentes contre diverses cibles (toujours les mêmes : la Fantasy, Star Wars, Budrys...), ses quelques enthousiasmes répétés à longueur de texte (Bester, Kuttner, Sturgeon...), les multiples redites (parfois même dès l'essai suivant) font de cet ouvrage un ensemble pénible à lire, même à dose homéopathique. Les réflexions de ce génie littéraire incompris sur l'échec du genre à changer le monde sont justes déprimantes. Après, heureusement pour Malzberg qu'il y a des idiots comme moi pour acheter ses écrits.

anglais,malzberg,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile (pour quelques éclairs de pertinence)